30.09.2009

Débat sur l'Islam : Tariq Ramadan face à Eric Zemmour

Ramadan vs.jpgLes débats de qualité sont rares dans le paysage audiovisuel français et on les rencontre parfois dans d'improbables lieux. Souvent sclérosés par les tabous, la langue de bois et la peur du "qu'en dira-t-on?". L'occasion ici pour moi de relayer une intéressante discussion échangée samedi dernier sur le plateau de l'émission de Laurent Ruquier, dans laquelle Tariq Ramadan venait défendre son dernier livre. Des moments forts ont rythmé ce débat. La question de la place de l'Islam dans la société occidentale ayant été âprement commentée dans la blogosphère ces dernières semaines, gageons que cette discussion, dont les protagonistes sont Tariq Ramadan et Eric Zemmour, viendra alimenter les échanges. Les contradicteurs se sont affrontés sur la question de l'identité française, la compatibilité Islam - Occident ainsi que le rapport entre l'Histoire de France et l'immigration. Ce que l'on peut dire c'est que l'échange entre les deux interlocuteurs fut honnête, franc et brillant. Monsieur Ramadan ne parvient pas hélas  à dissiper les ambiguïtés qui l'entourent mais il adopte un discours plus audible que ce que l'on a pu entendre de lui par le passé. On le comprend un peu mieux au moment de clore la discussion. En outre, les interventions de Francis Huster et d'Alexandre Jardin apportent une vraie valeur ajoutée. En revanche, on peut regretter que la question sociale ait été seulement survolée.

Partie 1

Partie 2

Partie 3

 

Ce débat a été trouvé sur le blog" Eric Zemmour, le blog de ceux qui l'aiment"

29.09.2009

Les dessous de l'affaire Polanski...

polanski_inline.jpgLa très prompte et massive mobilisation de soutien du monde artistique français à Roman Polanski, cinéaste franco-polonais sous mandat d'arrêt international par les Etats-Unis, laisse décidément sceptique. Emportés par un réflexe qui semble bien tenir du corporatisme, nous avons vu nos artistes clamer d'une même voix leur indignation suite à l'arrestation du célèbre cinéaste. Nous avons même vu Bernard Kouchner, fervent défenseur des droits de l'homme, se montrer solidaire du cinéaste, disant trouver "sinistre cette histoire, un homme d'un tel talent, reconnu dans le monde entier". Et le Ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand, de s'associer à cette indignation en déclarant ressentir :

 

une "très profonde émotion" après l'interpellation du Roman Polanski, "un citoyen français" et "un cinéaste de dimension internationale". "De le voir ainsi jeté en pâture pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens et de le voir ainsi seul, emprisonné, alors qu'il se rendait à une manifestation où on allait lui rendre hommage, c'est-à-dire ainsi pris au piège, c'est absolument épouvantable", a estimé Frédéric Mitterrand.

"On sait les conditions dans lesquelles c'est arrivé, et de la même manière qu'il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c'est cette Amérique là qui vient de nous présenter son visage"

 

Que dire de ces propos, si ce n'est qu'ils sont proprement inadmissibles et scandaleux ? Ainsi, on apprend de la bouche d'un Ministre qu'un viol sur mineur est une "histoire qui n'a pas vraiment de sens", que Roman Polanski est "jeté en pâture" à une justice qui - excusez du peu - fait son devoir, qu'il faudrait permettre au cinéaste de se soustraire à la justice sous prétexte que c'est une "histoire ancienne". Je questionne donc : de qui se moque-t-on ? Comment contester à la justice américaine le droit de juger un homme qui a reconnu son crime ? Comment comprendre que la Patrie des droits de l'homme puisse remettre en question le plus fondamental des principes du Droit : l'égalité devant la justice ? Ainsi, il faudrait gracier le cinéaste violeur au motif du caractère grandiose de son oeuvre ? Tout cela n'est que pure folie. Cette Amérique qui fait peur selon les mots de Frédéric Mitterrand, c'est aussi une Amérique qui estime que nul n'est au dessus des lois, qu'il soit cinéaste, ouvrier ou même Président des Etats-Unis d'Amérique. Prenons garde à ne pas l'oublier.

Je vous invite donc à lire le brillant article publié sur le blog de Maître Eolas. Une bonne façon de se remettre en tête les principes de la justice et du droit.

24.09.2009

Petites histoires de République

62_Secret_bancaire.jpgQuand le gouvernement s'attache à régler le problème des banlieues...

Une info rapportée par le blog de H16 : Il faut se rendre à l'évidence : certains quartiers sont devenus de véritables "territoires perdus" de la République, selon l'expression d'Emmanuel BRENNER. Les policiers ne peuvent plus y pénétrer sous peine de se faire caillasser, encore qu'en ce moment les pierres se faisant plus rares, on canarde à l'arme de guerre. Toute la classe politique semblait impuissante face à cette situation. Toute ? non ! Une frange résiste encore et toujours au pessimisme ambiant. Notre gouvernement, dans un éclair de génie, à trouvé LA solution pour résoudre le problème des banlieues : Il faut désormais leur envoyer des contrôleurs FRIC-scaux avec pour mission la "frappe" chirurgicale au portefeuille des dealers, déroulant un véritable "tapis" de bombes fiscales pour abattre les dangereux contrevenants. Comment ne pas y avoir pensé avant ? C'est sûr qu'a côté de binoclars armés jusqu'aux dents de calculatrices et de mallettes paperassières, les CRS et les policiers font office de rigolos !

Vous n'y croyez pas ? et pourtant...ils l'ont fait :
Cela en dit long sur la compétence de nos dirigeants...
Quand le président de la République assure l'impartialité de la justice...

Pour ceux qui ne s'en étaient pas encore aperçus, chacune des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy s'étiolent et se fanent au gré du bon vouloir de l'actualité. Mise en place de la taxe carbone pour (com)plaire à la nouvelle secte environementiste au mépris de la promesse de ne pas lever de nouveaux impôts. Félicitations envoyées à la famille Bongo pour sa victoire électorale "daimeaucratikeu" au mépris des promesses faites d'en finir avec la Françafrique et la République bananière. Il n'en fallait plus beaucoup pour desespérer : C'est chose faite aujourd'hui lorsque le président parlait hier de "coupables" dans l'affaire Clearstream. Honteuse présidence qui oublie le plus fondamentale des droits d'une défense : la présomption d'innoncence. Cela en dit long sur la compétence de l'homme en tant qu'avocat et cela en dit encore plus long sur le naufrage d'une fonction présidentielle sans cesse malmenée. Ce procès faisait déjà l'effet d'une martingale bien malodorante avant même son ouverture. Il se transforme en pugilat abject qui ne fait pas honneur à la République. Il nous emmène dans les entrailles pourries d'une classe politique qui n'a de cesse de fomenter manipulations et machinations contre elle-même. Et lorsque le président, flanqué de son immunité présidentielle et de sa présidence du conseil de la magistrature, s'engage dans la bataille juridique en parlant de "coupables" avant la fin du procès, on est bien en droit de se demander ce qu'il peut rester de l'impartialité de la justice...
Sic...pauvre République...

 

20.09.2009

Lectures fondamentales #1


RESTER JEUNE de Douglas Mac Arthur

General_MacArthur.jpg


La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal. Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l'âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande, comme l'enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

Si un jour, votre coeur est mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.


Traduction d'un extrait du discours d'adieu du Général Mac Arthur, intitulé "Duty Honor Country" aux étudiants de l'école Militaire de West Point. 1962.

 

15.09.2009

La Taxe Carbone : Hold up, arnaques et trahisons

taxe_carbone.jpgDans l’histoire de la Vième République, rarement mesure aura été aussi lourde d’ambiguïtés et d’interrogations que la Taxe Carbone. A la fois bénigne dans son principe et lourde de conséquences intellectuelles, elle suggère beaucoup plus qu’elle ne dit, interroge plus qu’elle ne répond. Et on peut s’étonner de l’ampleur relativement faible et désaxée des débats qui ont entouré l’annonce de cette mesure. Quelle virulence en revanche pour commenter les boutades de fin de semaine de Brice Hortefeux ! Tout se passe comme si l’hallali était déjà donné, comme si toutes les consciences étaient déjà soumises à ce qui s’annonce comme la nouvelle religion de l’époque : l’environnementisme. Le mécanisme gommant et broyant de la pensée unique s’est déjà mis en branle. Claude Allègre en a fait les frais, se voyant qualifié de négationniste du réchauffement et de « néo-scientiste » par des gens qui semblent ignorer le principe fondamental de toute science : un scientifique a le devoir de réfuter les théories scientifiques pour en éprouver la véracité. Tout cela est balayé, sacrifié sur l’autel de la démagogie et du terrorisme intellectuel.

 

Saisissant l’opportunité au vol, Ségolène Royal a dénoncé cette taxe carbone, toujours talentueuse dans l’exercice qui consiste à décrypter et comprendre les mouvements sociologiques de l’époque : la majorité des Français est opposée à cette taxe. Elle a d’ailleurs raison lorsqu’elle affirme que cette taxe est injuste et inefficace. Injuste car elle ne touchera pas les personnes qui polluent le plus. Elle touchera les personnes qui n’ont pas le choix de polluer moins et qui sont le plus souvent issues des classes pauvres et moyennes. Les personnes aisées auront le choix, puisque ayant les moyens de s’équiper d’installations écologiques, elles se soustrairont à cette taxe. Cet impôt qui refuse de dire son nom touchera les pécheurs, les agriculteurs, ceux qui habitent à la campagne ou en montagne. Lorsque l’on déplore le dépeuplement des campagnes et l’engorgement des villes, il est surprenant de vouloir mettre en place une taxe qui pénalise ceux qui choisissent la vie en dehors des agglomérations. En outre, ceux qui en seront le moins redevables seront ceux qui peuvent se permettre d’habiter en plein centre ville, souvent les classes les plus aisées. Socialement injuste, cet impôt démontre la contradiction profonde d’un parti écologiste qui se prétend incarner une partie de la gauche et qui prône la mise en place d'une telle mesure. Une fois de plus, les classes moyennes paieront le prix de l’air du temps.

 

Sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché », Eric Zemmour a emmené Cécile Duflot au bout du raisonnement d’une idéologie environnementiste qui prône, à mots couverts, la décroissance par la baisse du pouvoir d’achat des classes moyennes et pauvres. Une idéologie qui nie le progrès au nom d’une communion bien-pensante et bucolique avec la nature. Ce rouleau compresseur de la pensée a déjà fait des dégâts sur les esprits et il est devenu, en l’espace de quelques mois, interdit de remettre en cause l’idée du réchauffement et de son influence anthropique. Or ce débat est aujourd’hui loin d’être tranché contrairement à ce qu’affirment médias et intellectuels sur un ton convenu. « Allègre est le seul scientifique à remettre encore en cause l’origine humaine du réchauffement climatique ». Cette affirmation est un mensonge. Tous les scientifiques ne sont pas convaincus que la terre se réchauffe et tous les scientifiques n’attribuent pas le principe du réchauffement à l’activité humaine. Une théorie scientifique doit pouvoir être contestée, remise en cause, contredite et il n’y a qu’à lire le rapport du NIPCC ou les milliers de signatures réunies par la pétition du site http://www.sepp.org/ dénonçant le protocole de Kyoto pour se convaincre, non pas que le réchauffement n’existe pas, mais que le débat n’est pas clos.

 

Il ne s’agit pas ici de nier les dangers que peut entraîner l’action humaine sur la nature. La pollution, la déforestation ou la contamination des nappes phréatiques sont des questions inquiétantes et elles mériteraient sans doute plus d’attention que celle du réchauffement. Il ne s’agit pas ici de nier ces problèmes. Il s’agit en revanche de remettre en cause un discours culpabilisant et lénifiant. Il s’agit de refuser la dictature intellectuelle de l’écologisme et de toutes ses implications. Le débat sur le réchauffement climatique n’est pas terminé, il ne fait même que commencer. Cette taxe carbone est donc extrêmement prématurée et on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là un formidable coup d’esbroufe pour lever un nouvel impôt à peu de frais dans l’optique de colmater les fuites d’argent d’un Etat toujours plus dépensier. En se drapant de la vertu écolo-bobo et en revenant sur ses promesses de campagne, Nicolas Sarkozy ne lève-t-il pas un nouvel impôt pour financer le déficit abyssale français ?

 

Politiquement, la tactique est géniale et il faut concéder cela au chef de l’Etat. En menant une telle mesure, il renforce son image de précurseur dans les grands débats de société et de capitaine de navire, capable de prendre une décision alors même que la majorité des Français la désapprouve. Il l’a d’ailleurs annoncé : De Gaulle a mené la décolonisation, Mitterrand a signé la fin de la peine de mort contre l’avis des Français de l’époque, la taxe carbone sera la réforme phare de sa présidence. Elle lui permet également de préparer les régionales. Les verts seront-ils réceptifs aux appels de pied de l’UMP ? Comme le disait Jean-François Coppé « Il y a peut-être de quoi discuter ». Nous ne sommes qu’au commencement des grandes manœuvres. De son côté, Ségolène Royal en brillante stratège politique a immédiatement saisi le coût social de cette mesure et s’est emparé du porte-voix de la contestation. Seule contre tous, une stratégie dont elle est désormais coutumière et qui, il faut l’avouer, lui réussit assez bien. Les verts quant à eux ont réussi à imposer leur calendrier aux débats. La taxe carbone, mesurette si l’on en juge la part française du dégagement de CO2 dans le monde, à réduit aux silence les débats sur des sujets autrement plus importants tels que le financement de la sécurité sociale, la question toujours évincée de l’identité nationale, les problèmes liés à l’immigration, etc.

 

Cette taxe carbone est donc une mesure hautement symbolique. Elle marque le premier renoncement face à l’idéologie environnementiste. Idéologie est un mot qui a du sens. Jean-Louis Bourlange, intervenant pendant l’émission de radio « l’esprit public » dimanche dernier montrait les extrémités d’un tel système de pensée et décrivait une véritable société Orwellienne dans laquelle l’individu ne serait plus caractérisé que par sa trace écologique. On en est loin ? Pas totalement certain si l’on considère la porte ouverte par la taxe carbone au recensement des foyers en fonction de leur dégagement en CO2. La taxe carbone a tout de la mesure emblématique plus symbolique qu’efficace. Et inefficace car le pourcentage de CO2 dégagé par la France est négligeable au regarde des grands pollueurs que sont les Etats-Unis ou la Chine. Pourquoi donc la question de la taxe des produits issus des pays polluant à l’entrée du territoire n’est-elle pas débattue ? Pourquoi la formule du droit à polluée n’est pas plus discutée ? Ces questions resteront occultées. Quant au bon sens, il sera assurément le grand perdant de cette bataille.

 

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