17.07.2009

La guerre des Roses

6733_232024845367_898990367_7789206_3706666_a.jpgAu petit théâtre de la politique, rarement vaudeville aura été aussi ubuesque que celui du Parti Socialiste et de ses querelles intestines. Et les échanges de coups de feu entre Martine Aubry et Manuel Valls de signaler à ceux qui en doutent encore la faillite et l’aveuglement qui gouvernent la gauche depuis maintenant trente ans. Cette tentative désespérée de la première secrétaire de colmater les fuites d’un bateau déjà inondés jusqu’au pont traduit, ni plus ni moins que la faillite du premier parti d’opposition en France. Au royaume des borgnes, l’aveugle est roi.


Pourtant on se réjouissait après l’éclatement de la bulle financière. « Nous avions vu juste ! », « Le capitalisme est mort », « L’avènement du grand soir ». Tous ces slogans clamés au soir du désastre bancaire aux Etats-Unis se sont trouvés largement balayés par les résultats des récentes élections européennes. La vague rosée n’aura pas eu lieu. Pis, les partis socialistes européens ont pratiquement tous été battu. Et par qui ? Par les partis favorables au libéralisme. L’Histoire est cynique et elle doit avoir un goût amer pour la Gauche. Alors que tout semblait leur donner raison, les électeurs ont tranché et ont reconduit au pouvoir ceux qui leur semblaient les plus à même de réguler cette crise : les libéraux. Une fois n’est pas coutume, le parti Socialiste a bien été obligée d’engager une réflexion sur les raisons de ses échecs répétés lors des derniers grands rendez-vous électoraux. Pour l'instant, les mots seuls ont été prononcés. Rest à savoir si l'action suivra. Comme disait Hegel : "la vérité de l'intention, c'est l'acte". Une fois n’est pas coutume, donc. Cette réflexion a bien longtemps été évacuée du revers de la main. 2002, l’humiliante défaite, le Front National au deuxième tour, Jacques Chirac élu à 80% des voix. Réponse des socialistes : « Jacques Chirac a été élu grâce à nos voix, il doit entendre le message et faire une politique sociale ». 2007, Ségolène Royal au deuxième tour, Nicolas Sarkozy élu avec une avance large de 53%. Réponse des socialistes « 47% des Français ont voté à gauche, Nicolas Sarkozy doit entendre le message et faire une politique sociale ». Ces coups d’esbroufe successifs et confortables ont toujours été l’occasion de faire l’économie d’une large remise en question. La règle de la démocratie c’est qu’il y’a un vainqueur, la majorité. La minorité vaincue doit se soumettre.


La France ? Elle passera après. Quid du fait que le premier parti d’opposition est en lambeaux. L’heure est aux règlements de comptes et aux combats de coqs pour la prise du leadership. Inexistants sur le terrain des idées, les hommes de gauches se sont tassés dans le fauteuil doucereux de la contestation à tout va. Au nom de l’anti-sarkozysme ont a tout condamné, même les mesures défendues par le parti Socialiste telle le RSA. « Il faut s’opposer, alors nous nous opposons ». Et il est loin le temps de l’ambition. Il est loin le temps des projets de société. Rarement camp politique aura été aussi insipide quant à son ambition pour le pays. A leur décharge, les dirigeants porte un lourd fardeau handicapant. Ce fardeau, c’est le socialisme et tout son héritage. Une idéologie qui au nom de la libération des peuples les a opprimé. Une idéologie qui, au nom de l’égalité des hommes, a nivelé la société vers le bas, détruisant la Culture et reniant l’Histoire. Ainsi, il était énorme ce pavé qu’a lancé Manuel Valls en proposant de renoncer au mot socialisme pour adopter celui de social-démocrate. Trop énorme manifestement pour le toussoteux parti Socialiste. La réponse n’a pas tardé : le Parti, tu lui dis amen ou tu le quittes. A-t-on jamais vu une équipe exclure un de ses membres au motif que celui-ci pense que l’équipe se trompe ? C’est au contraire une force d’avoir en son sein des gens capable de tirer la sonnette d’alarme si on se trompe. Le Parti Socialiste n'en est pas encore là et on ne saurait tolérer une voix discordante dans le discours désormais rodé de la langue de bois. Il est devenu un parti de notables, et de notables régionaux. Un parti qui sait gérer des villes mais qui est incapable de proposer un modèle crédible et responsable aux Français sur le plan national.


Il fallait s’y attendre, dans le marasme ambiant, un homme ou une femme allait sentir le vent tourner. Pour peu qu’il ou elle ait un peu d’ambition, il allait élaborer son plan de bataille et devenir le héraut d’une rénovation large et fondamentale, dénuée de tout tabou et de tout dogme. Et décomplexé du premier des grands tabous actuel : l'ambition. le quadra en a et l'affiche sans honte. C’est sans doute le pari de la cassure avec le passé et la vieille maison socialiste qui est celui de Manuel Valls aujourd'hui. Le pari que lorsque les électeurs de Gauche renonceront à l’alliance complaisante avec la secte du NPA, il faudra se tourner vers un autre modèle de société. Il faudra se tourner vers des hommes et un leader qui aura renoncer à trainer le cadavre du socialisme en décomposition. Un leader capable de mener le PS vers un nouvel horizon. L'avenir dira si cette stratégie est payante. Peut-être Manuel Valls est-il parti trop tôt. Peut-être sera-t-il rejeté par les Hommes de gauche. A sa décharge, la situation est déjà suffisamment avancée, il est plus que temps de taper dans la fourmilière. Je vous conseille l'article de Lolik dont la lecture m'a plu et inspiré pour cet article.

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