10.02.2009

Le système Madoff

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08.02.2009

La chevelure

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Renaud chantait qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. Toi, tu es partie doucement, simplement. Tu es ainsi, légère et délicate. Mais sur ce quai de gare, j'étais assourdi. Je n’entendais plus rien sinon le hurlement du monde et de la machine qui se met en marche. Ma tête résonnait et tambourinait de tout son saoul, chaque battement, chaque sourcillement, chaque caresse cognant d’autant plus fort à mes oreilles. Tu t’en es allée, comme ça, ignorante de tout ce silencieux vacarme qui me brisait.

Seul, je rentrais à la maison, sentant le poids insoutenable de la mélancolie sur moi à chaque pas, encaissant les gifles de l’air sur mon visage et la proximité haineuse de tout ce monde qui m’entourait. Jamais décors ne m’avait semblé si laid et repoussant depuis que tu en étais sortie. Et ce soleil si resplendissant auparavant ne brillait déjà plus que d’une pâle lueur, froide et asservie par l’épaisseur des nuages. La ville m’était devenue hostile. Elle qui t’avait accueilli avec tant de chaleur et d’allégresse semblait me condamner pour t’avoir laissé partir. La porte passée, mon appartement lui-même me rejetait derechef. Toute chaleur l’avait abandonné et je ne pouvais y demeurer plus longtemps. Ton parfum enivrant imprégnait encore le tissu des fauteuils, dernier vestige de ta présence qui avait su emplir les pièces de tant de gaité et de lumière. Je m’effondrais sur mon lit.

Que faire ? Toute activité me paraissait si vaine que je ne souhaitais plus rien sinon dormir. Et alors que je sombrais avec soulagement dans l’evanescence réconfortante du sommeil, quelque chose frôla mon visage. Une douceur infinie balaya ma peau. Croyant sentir une de tes caresses, je me levais en sursaut, prêt à t’étreindre à nouveau. Devant mes yeux, il n’y avait rien d’autre que cette chambre vide qui semblait se délecter de mon infortune. La caresse que j’avais senti finissait de glisser sur moi et vint mourir entre mes mains. J’étais seul, mais entre mes doigts reposait le plus inestimable des trésors, le plus beau des cadeaux, un de tes long cheveux. Ainsi je restais seul, perdu et transi dans le souvenir onduleux de ta chevelure. J'étais seul, mais j'étais heureux...