11.02.2007

L'envole de la Madonne

Tenue soignée, le regard droit, la madone était belle lors du discours de présentation de son pacte présidentiel. Pendant plus d’une heure, la candidate a égrenée les propositions qu’elle se propose de mettre en place si elle est élue Présidente de la République française. D’accord ou pas, on ne peut plus désormais lui reprocher son manque de propositions. Des propositions, elle en a fait. Stricte sur le thème de l’économie, prodigue et déterminée sur le thème de la justice sociale, courageuse sur le thème de la politique extérieure de la France , Ségolène Royal a été chaudement applaudie par ses supporters.


C’est dans une perspective résolument républicaine que la candidate a ancré son allocution. Mettant l’accent sur l’éducation et le renouveau des valeurs françaises, elle a insisté longuement sur le respect des principes de la République française. Vibrante même, elle a réussi à toucher ses auditeurs, en affirmant ressentir en elle ce besoin de démocratie. Conformément à sa ligne de conduite, Ségolène Royal s’est posé figure iconoclaste et a présenté l’image d’une candidate proche du peuple, attentive aux désirs des Français comme en témoignent ses positions sur les jurys citoyens ou les initiatives populaires.


Le plus novateur dans son discours a porté sur la réforme des institutions et sur la politique extérieure. Elle n’a pas parlé de VIè République mais en a laissé percevoir les formes. Ainsi, la candidate s’est proposée de recadrer les institutions dans le sens d’une démocratie de type parlementaire. Puis, c’est avec courage qu’elle a présenté sa vision de la politique étrangère en dénonçant la situation au Darfour ou en Tchétchénie et en dessinant une ligne exigeante de reconquête mondiale pour la France , profondément européenne et tournée vers les pays en difficultés.


On peut cependant noter des ombres qui persistent sur le programme de la candidate. Qu’envisage t’elle pour réduire la dette, sujet sur lequel elle a été évasive ? A-t-elle réussi à communiquer une vision globale pour la France  ? Beaucoup lui reproche déjà un programme catalogue sans ligne de conduite générale. Comment envisage-t-elle de financer les nombreuses interventions étatiques qu’elle promet ? Il lui incombera de répondre à ses questions si elle veut convaincre les Français. Néanmoins, on peut se féliciter de voir que la candidate, vivement critiquée pour son manque de propositions, s’engage enfin dans la campagne. Espérons désormais que les débats auront lieu entre les candidats pour réanimer notre démocratie chancelante…